Motifs https://motifs.pergola-publications.fr La revue Motifs, fondée par l’Équipe d’Accueil 4249 « Héritages et Constructions dans le Texte et l’Image » est une revue scientifique pluridisciplinaire dans le domaine des arts, des lettres et des langues. À l’image de l’équipe de recherche qui la porte, elle publie des travaux principalement en langues française et anglaise, portant sur les arts, la linguistique, la littérature et la civilisation des aires francophone, anglophone, hispanophone et germanophone ; à l’occasion, elle les éclaire par la confrontation avec les productions des civilisations issues d’autres aires linguistiques historiquement ou géographiquement plus lointaines, hellénique, latine ou orientales notamment. fr Introduction. Fictions de l’eau : écopoétique bleue et hydro-(im)matérialité https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1499 Genèse du projet Ce dixième numéro de Motifs prolonge les réflexions engagées lors des précédentes publications en interrogeant cette fois la notion d’« hydro-(im)matérialité ». Les articles qui y sont rassemblés sont issus de la journée d’étude éponyme qui s’est tenue le 21 février 2025, dans une dynamique de recherche collective et interdisciplinaire. Il s’agissait de proposer un espace de dialogue entre jeunes chercheur·euse·s en études anglophones, en arts et en sciences humaines, autour d’une thématique capable de faire émerger des lectures multiples et croisées. La journée d’étude est le fruit d’une collaboration étroite entre quatre doctorantes issues des laboratoires HCTI de l’Université de Bretagne Occidentale (Charlène COROLLEUR et Léna FERRIÉ) et du CRINI de Nantes Université (Léna KERVRAN et Valentine PORCILE). L’événement a reçu le soutien des Écoles doctorales Arts Lettres Langues de Bretagne et des Pays de La Loire. La journée a également été réalisée en partenariat avec le cycle de séminaires « Sea More Blue : approches transdisciplinaires des représentations et imaginaires des mers et des océans » de l’Université d’Angers ainsi qu’avec le projet ANR « HydroArts: Performing Water in the Arts » mené par Le Mans Université, deux initiatives scientifiques qui se positionnent au cœur des questions soulevées par la journée d’étude. Nous remercions toutes les participantes de cette journée – exclusivement féminines, comme en écho de la notion d’hydro-féminisme forgé mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1499 L’in-forme de l’eau dans Le Chant de la rivière de Wendy Delorme : éco-poétique queer et hydroféminisme https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1503 Cet article tente de saisir la place et le rôle qu’occupe l’eau dans le roman de Wendy Delorme, Le Chant de la rivière, tout en interrogeant le caractère ambivalent de cet élément primordial dans les assignations de sexe et de genre. L’élément y est perçu comme un lieu de conscience collective de la violence du patriarco-capitalisme, dans la perspective intertextuelle et matérialiste des écrits de Monique Wittig et de Paul Preciado (en opposition à l’idéalisme antique). Nous essaierons de montrer que l’œuvre de Wendy Delorme pense l’in-forme de l’eau pour tenir un discours éco-poétique queer, afin de repenser le discours dominant et d’inventer une forme de récit disruptive qui tente d’échapper aux normes, notamment genrées. Il s’agit d’interroger la poétique de ce récit dans sa dimension politique féministe, écologique et queer, en questionnant son genre et sa capacité d’hybridation, de polyphonie, de métamorphose, entre le corporel et le métaphorique, entre le matériel et l’essentiel, tout en observant de quelle manière la métaphore hydrique sert ce propos. This article attempts to capture the place and role of water in Wendy Delorme's novel Le Chant de la rivière, while questioning the ambivalent nature of this essential element in sex and gender assignments. The element is perceived as a place of collective consciousness of the violence of patriarchy-capitalism, from the intertextual and materialist perspective of the writings of Monique Wittig and Paul Preciado (as opposed to ancient idealism). We will attempt to show that Wendy Delorme's work considers the formlessness of water in order to construct a queer eco-poetic discourse, with a view to rethinking the dominant discourse and inventing a disruptive narrative form that attempts to escape norms, particularly gender norms. The aim is to examine the poetics of this narrative in its feminist, ecological and queer political dimensions, questioning its genre and its capacity for hybridisation, polyphony and metamorphosis, between the physical and the metaphorical, between the material and the essential, while observing how the water metaphor serves this purpose. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1503 Restes de mine et eaux polluées : figurer la perte de la mère dans Vivre en arsenic (2024) de Claire Dutrait, et La Mer intérieure (2024) de Lucie Taïeb https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1522 À partir des récits Vivre en arsenic. Écopoétique d’une vallée empoisonnée (Dutrait 2024) et La Mer intérieure. En quête d’un paysage effacé (Taïeb 2024), qui sondent les traces matérielles et affectives laissées par l’exploitation minière sur les paysages et les communautés qui les habitent, cet article s’interroge sur les possibilités d’aborder, par l’investissement littéraire, les drames intimes de notre subjectivité en considérant les interactions matérielles de notre corps avec les réseaux aqueux qui traversent son habitat. Alors que la réflexion sur l’eau polluée ou tarie par l’exploitation minière fait surgir chez les narratrices des textes à l’étude quantité d’affects et de souvenirs intimes liés à la mort de leur mère, leur enquête littéraire respective se double d’une plongée en soi cherchant à figurer cette perte de la mère engloutie prématurément par la maladie. Si « nos cours d’eau transcorporels sont non seulement traversés de potentiel vital, mais [qu’] y circulent également maladies, contamination et inondations » (Neimanis 2012, p. 94), l’attention qu’on y porte révèle à la fois des relations nourricières et mortifères entre les différents actants (Bennett 2010, p. 9) vivants et non vivants de ces milieux, complexifiant les récits que l’on peut en faire. Dans une perspective écocritique affective (Kyle et Ladino 2018) mobilisant la notion de « violence lente » théorisée par Rob Nixon (2013 [2011]), l’analyse des réseaux et métaphores hydriques qui irriguent les textes à l’étude met en lumière la façon dont ils articulent la brèche affective ouverte par la perte de la mère dans la subjectivité des narratrices, et montre comment celle-ci devient à son tour un filon à suivre pour raconter ces histoires d’eaux troublées. Based on the stories Vivre en arsenic. Écopoétique d’une vallée empoisonnée (Dutrait 2024) and La Mer intérieure. En quête d’un paysage effacé (Taïeb 2024), which explore the physical and emotional traces left by mining on landscapes and the communities that inhabit them, En quête d’un paysage effacé (Taïeb 2024), which explore the material and emotional traces left by mining on landscapes and the communities that inhabit them, this article examines the possibilities of addressing, through literary engagement, the intimate dramas of our subjectivity by considering the material interactions of our bodies with the water networks that traverse their habitat. While reflections on water polluted or dried up by mining bring forth in the narrators of the texts under study a wealth of emotions and intimate memories linked to the death of their mothers, their respective literary investigations are coupled with a journey of self-discovery seeking to represent this loss of a mother prematurely swallowed up by illness. If ‘our transcorporeal waterways are not only traversed by vital potential, but also by disease, contamination and flooding’ (Neimanis 2012, p. 94), the attention paid to them reveals both nourishing and deadly relationships between the various living and non-living actants (Bennett 2010, p. 9) in these environments, complicating the narratives that can be constructed about them. From an affective ecocritical perspective (Kyle and Ladino 2018) drawing on the notion of ‘slow violence’ theorised by Rob Nixon (2013 [2011]), the analysis of the water networks and metaphors that permeate the texts under study highlights how they articulate the emotional void left by the loss of the mother in the narrators' subjectivity, and shows how this void in turn becomes a thread to follow in telling these stories of troubled waters. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1522 Immersion en paysage bleuté avec Deep See Blue Surrounding You de Laure Prouvost et sa figure du poulpe penseur https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1569 À l’occasion de la 58e Biennale de Venise, Laure Prouvost a présenté son exposition multi-médiums Deep See Blue Surrounding You dans laquelle elle fait vivre au public une expérience immersive, entre réalité et fiction. Entrer dans cette exposition, c’est faire un fabuleux voyage aquatique et sensoriel, qui nous fera passer par un troublant rivage de bord de mer avant de plonger dans une salle obscure et abyssale. Le récit qui nous est conté par Laure Prouvost à travers les objets, les images, les sculptures d’animaux et sa voix interpelle sur l’état actuel de nos océans. L’invitation que nous propose l’artiste nous amènera à découvrir le film d’un voyage, le point central de l’exposition, dans lequel les personnages explorent spirituellement et physiquement leur environnement, et agissent tels les tentacules d’un poulpe. La figure du poulpe, déjà maintes et maintes fois narrée dans les œuvres picturales, littéraires et cinématographiques (Hokusai, Verne, Hugo, Tolkien), se retrouve dans les œuvres de Prouvost sous un point de vue inédit. Selon elle, l’intelligence tactile du poulpe en fait un exemple philosophique à suivre car il fait preuve d’une sensibilité accrue avec tout ce qui l’entoure. En tant qu’animal flexible et changeant, le poulpe porte en lui les caractéristiques de notre monde contemporain. At the 58th Venice Biennale, Laure Prouvost presented her multi-media exhibition Deep See Blue Surrounding You, in which she offers the public an immersive experience that blurs the lines between reality and fiction. Entering this exhibition is like embarking on a fabulous aquatic and sensory journey, taking us past an unsettling seaside shore before plunging into a dark, abyssal room. The story told by Laure Prouvost through objects, images, animal sculptures and her voice raises questions about the current state of our oceans. The artist invites us to discover a film of a journey, the central focus of the exhibition, in which the characters explore their environment spiritually and physically, acting like the tentacles of an octopus. The figure of the octopus, already depicted countless times in pictorial, literary and cinematographic works (Hokusai, Verne, Hugo, Tolkien), is found in Prouvost’s works from a new perspective. According to her, the octopus’s tactile intelligence makes it a philosophical example to follow, as it demonstrates heightened sensitivity to everything around it. As a flexible and changeable animal, the octopus embodies the characteristics of our contemporary world. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1569 Hydrocommonality, Tattoos and Mermaids: The Blue Ecopoetics of Sarah Hall’s The Electric Michelangelo https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1593 I argue that Sarah Hall develops a watery imaginary thereby crafting a blue ecopoetic tale that redefines the (im-)materiality of water and watery entities. The Electric Michelangelo partakes in the “oceanic turn” in that it represents various “bodies of water” (Neimanis 2017, 17) endowed with agency and vibrancy (Bennett 10). Even more so, water is showcased as a common substance shared across a variety of human and non-human entities, embodying what Neimanis calls “hydrocommons” (2017, 58). The idea of a commonality of water is exemplified through the recurrence of hybrid characters, half-human-half watery creatures. Such hybridity exemplifies Haraway’s concept of “making kin” (Haraway 2), so much so that Hall contributes to a recent brand of fiction that reflects on water as a levelling agent allowing human beings to negotiate non-human alterity. Additionally, I argue that Hall engages in what Neimanis calls “hydrofeminism” (Neimanis 2012, 96) as she uses fluidity and water to craft an ecofeminist rewriting of the Victorian freakshows through the figure of the mermaid, embodied through the character of Grace, whose watery body becomes the battlefield of a reappraisal of the female body.Sarah Hall’s blue ecopoetics draws a prolific parallel between tattooing and the oceanic imaginary thereby creating watery ontologies that defy established categories. In doing so, she creates fluid and hybrid ways of becoming (Braidotti 91) and advocates an ethical questioning of what it means to exist as bodies of water. Ce travail vise à démontrer que Sarah Hall développe un imaginaire aquatique qui donne lieu à un récit écopoétique, redéfinissant l’(im)matérialité de l’eau ainsi que des entités aqueuses. The Electric Michelangelo s’inscrit dans le cadre du « tournant océanique », en ce qu’il met en scène divers « corps d’eau » (Neimanis 2017, 17) dotés d’agentivité et d’une vitalité propre (Bennett 10). L’eau y est envisagée comme une substance commune, partagée entre une pluralité d’entités humaines et non humaines, incarnant ainsi la notion d’« hydrocommuns » développée par Neimanis (2017, 58). À ce titre, Hall participe à un courant fictionnel contemporain qui interroge l’eau comme agent égalisateur, permettant aux êtres humains d’entrer en relation avec l’altérité non humaine. En outre, j’avance l’hypothèse que Hall engage une démarche que Neimanis qualifie d’« hydroféministe » (Neimanis 2012, 96), mobilisant la fluidité et la symbolique de l’eau pour opérer une réécriture écoféministe des freak shows victoriens à travers la figure de la sirène, incarnée par le personnage de Grace. Ce corps féminin aqueux devient alors le lieu d’un affrontement symbolique autour de la représentation et de la réappropriation du corps féminin. L’écopoétique bleue de Sarah Hall établit ainsi un parallèle fécond entre l’art du tatouage et l’imaginaire océanique, engendrant des ontologies aquatiques qui remettent en question les catégories ontologiques traditionnelles. En cela, elle propose des formes de devenir fluides et hybrides (Braidotti 91) et ouvre un espace de réflexion éthique sur ce que signifie exister en tant que corps d’eau. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1593 Female Divinities and Water in Pre-Christian Hispanic Mythology: Imaginary Landscapes for the Conservation of Nature https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1594 This study highlights the importance of the divine feminine in heritage and biocultural memory, for today’s social sensitivity to conservation of water and the natural environment. Indigenous cosmogonies propose concepts of water that predate modern, positivist ways of conceiving humans’ relation to water bodies as detached from life cycles. This paper aims to contextualize the ancestral divine feminine and its relationship to water in the field of water imaginaries, from both sides of the Atlantic, within the fundamental ideas that support hydrofeminism as a philosophical stance, and taking as case studies Goddesses Mari (Basque culture) and María Lionza (Venezuelan culture). These goddesses are marginal in the Western World if compared with the more widely known ones from Pagan Greek and Roman cosmogonies, but they are quite important for anthropological, historical, artistic and linguistic knowledge of the Hispanic world. Studying them from hydrofeminism’s perspective can significantly enrich the diversity of our current water culture, particularly through their symbolic meaning and mythological narratives. Ultimately, the article explains the connection between the feminine and waterscapes by underlining patterns and correlations that could affect, in a positive way, practices and ethical approaches to the way we relate to water. Cette étude souligne l’importance du divin féminin dans le patrimoine et la mémoire bioculturelle, dans le cadre de la sensibilité sociale actuelle à la conservation de l’eau et de l’environnement naturel. Les cosmogonies autochtones proposent des conceptions de l’eau antérieures aux approches modernes et positivistes qui conçoivent la relation des humains aux masses d’eau comme détachée des cycles de vie. Cet article vise à contextualiser le divin féminin ancestral et sa relation à l’eau dans le champ des imaginaires de l’eau, des deux côtés de l’Atlantique, au sein des idées fondamentales qui sous-tendent l’hydroféminisme comme position philosophique, et en prenant comme études de cas les déesses Mari (culture basque) et María Lionza (culture vénézuélienne). Ces déesses sont marginales en Occident si on les compare aux déesses plus connues des cosmogonies païennes grecques et romaines, mais elles sont très importantes pour la connaissance anthropologique, historique, artistique et linguistique du monde hispanique. Les étudier sous l’angle de l’hydroféminisme peut enrichir considérablement la diversité de notre culture de l’eau actuelle, notamment par leur signification symbolique et leurs récits mythologiques. En fin de compte, l’article explique le lien entre le féminin et l’eau dans les paysages aquatiques en soulignant les modèles et les corrélations qui pourraient affecter, de manière positive, les pratiques et les approches éthiques de la façon dont nous nous rapportons à l’eau. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1594 Avoir l’œil bleu : poïétique du paysage élémentaire à partir de l’élément liquide https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1604 À l’aune de notre propre pratique de la peinture, cette contribution se propose de réfléchir le motif de l’élément liquide à travers la formation picturale d’un paysage maritime. En présentant un panorama d’esquisses et d’études picturales personnelles, cet article sera l’occasion de sonder l’imaginaire de cette substance élémentaire en déplaçant le regard du côté du peintre, questionnant alors les partis pris et les choix plastiques opérés durant le processus de création, dans la mesure où ceux‑ci sont toujours porteurs d’une symbolique. Selon la méthodologie poïétique, laquelle repose moins sur l’analyse descriptive de l’œuvre que sur l’étude réflexive de la dynamique qui la fait advenir, il s’agit de tisser une réflexion autour de l’élément liquide et sur les enjeux singuliers de sa représentation. En soutenant l’hypothèse selon laquelle un paysage modelé par le motif de l’eau, quelle que soit sa forme picturale, devient nécessairement un paysage élémentaire, la symbolique contemporaine que peut revêtir une telle représentation sera sondée et, avec elle, dans ses formes poétiques les plus simples, l’onirogénéité potentielle de l’eau comme matrice d’un imaginaire sensible, celle‑là même qui peut aujourd’hui encore susciter la contemplation et rappeler à nous la beauté du monde, en dépit des dégradations environnementales qui l’affectent. Based on our own painting practice, this contribution aims to reflect on the motif of the liquid element through the pictorial formation of a seascape. By presenting an overview of personal sketches and pictorial studies, this presentation will be an opportunity to explore the imagination of this elemental substance by shifting the gaze to the painter's perspective, questioning the biases and artistic choices made during the creative process, insofar as these always carry symbolic meaning. According to the poietic methodology, which is based less on the descriptive analysis of the work than on the reflexive study of the dynamics that bring it about, the aim is to weave a reflection around the liquid element and the singular challenges of its representation. By supporting the hypothesis that a landscape shaped by the motif of water, whatever its pictorial form, necessarily becomes an elemental landscape, the contemporary symbolism that such a representation can take on will be explored and, with it, in its simplest poetic forms, the potential dream-like nature of water as a matrix of a sensitive imagination, the very same that can still today inspire contemplation and remind us of the beauty of the world, despite the environmental degradation that affects it. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1604 Fictions de l’eau : écopoétique de la fluidité et expériences sensibles https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1612 Dans un contexte de bouleversements écologiques, cet article examine le rôle de l’eau dans la création artistique contemporaine pour penser la relation entre l’humain et son environnement. En s’appuyant sur des œuvres d’Olafur Eliasson ainsi qu’un projet personnel de recherche-création intitulé ImMERsion, ce travail explore deux dimensions complémentaires : l’hydro-matérialité et l’hydro-immatérialité. L’eau y est tantôt matière tangible et sculpturale, tantôt vecteur atmosphérique d’affects et de souvenirs. Ces installations immersives interrogent notre perception, notre sensibilité et notre manière d’habiter le monde, construisant une véritable écologie esthétique fondée sur l’expérience sensible. Against a backdrop of ecological upheaval, this article examines the role of water in contemporary artistic creation in order to reflect on the relationship between humans and their environment. Drawing on works by Olafur Eliasson and a personal research-creation project entitled ImMERsion, this work explores two complementary dimensions: hydro-materiality and hydro-immateriality. Water is sometimes a tangible, sculptural material, sometimes an atmospheric vehicle for emotions and memories. These immersive installations question our perception, our sensitivity and our way of inhabiting the world, constructing a true aesthetic ecology based on sensory experience. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1612 L'Écume éclairée : naviguer entre recherche et création https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1644 Déployer une conférence-performée comme on tracerait une carte. Cette publication prend naissance dans les sédiments d’une performance intitulée L’Écume éclairée, fruit d'un travail de recherche mené sur l'Île d'Yeu en Vendée en 2023 en collaboration avec le programme interdisciplinaire ODySéÎles et la géologue Elsa Cariou. Cette performance spéculative en archéoacoustique marine imagine un futur où des chercheur·euses sondent les profondeurs atlantiques pour faire ressurgir la mémoire de territoires engloutis. Ce texte s’envisage alors comme un prolongement vivant de la performance. Il ne s’agit pas tant de la « documenter » que d’en poursuivre l’élan, d’en activer les zones sensibles à travers l’écriture. Car si la performance en était le sol, cette publication en devient les courants à la fois multiples et mouvants. Choisir de composer une cartographie performée, une forme fragmentée et ramifiée, tissée de nœuds qui croisent extraits du texte, analyses théoriques, données imaginaires, récits sensoriels et éclats de recherche. Chaque nœud constitue une balise dans cette navigation entre création et réflexion. Ces nœuds ne sont ni fixes ni hiérarchisés ; ils suivent les logiques d’un monde submergé, où les connaissances ne s’empilent pas mais s’entrelacent. Ils permettent de circuler librement entre la conférence performée et les strates de sa fabrication : ses voix, ses paysages, ses intuitions. À travers cette forme, nous nous demanderons ce que peut être une archive qui ne fige pas – non plus un lieu clos de conservation, mais un espace poreux où circulent l’écume, les silences, les présences. Une archive capable de vibrer, d’accueillir l’éphémère, de faire résonner ce qui insiste, tremble ou se dérobe. Ici, l’archive n’est pas seulement un dépôt du passé : elle devient un milieu vivant, traversé par des voix, des gestes, des intentions, et par les questions qui l’ont fait naître. Cette cartographie se lit comme une traversée. Elle reconnaît dans la fiction un espace légitime de production de savoirs, notamment dans le contexte écologique que nous connaissons. D’où l’hypothèse centrale : et si la fiction, lorsqu’elle s’incarne dans une performance située, pouvait devenir un outil d’enquête, de mémoire et de relation ? Une manière d’interroger nos régimes de savoir, nos attachements, nos façons d’habiter le monde. Ce texte se déploie ainsi comme une réflexion poétique, politique et épistémologique sur les potentialités de la recherche-création : explorer comment les formes artistiques peuvent reconfigurer notre rapport aux archives, aux territoires et aux temporalités – et, ce faisant, esquisser de nouvelles manières de connaître et de vivre ensemble. Deploying a performance-based conference as one would draw a map. This publication originates from a performance entitled L’Écume éclairée (The Illuminated Foam), the result of research conducted on the Île d'Yeu in Vendée in 2023 in collaboration with the interdisciplinary programme ODySéÎles and geologist Elsa Cariou. This speculative performance in marine archaeoacoustics imagines a future in which researchers probe the depths of the Atlantic to bring back the memory of submerged territories. This text is therefore intended as a living extension of the performance. It is not so much a question of “documenting” it as of continuing its momentum, activating its sensitive areas through writing. For if the performance was the ground, this publication becomes its multiple and shifting currents. Choosing to compose a performed cartography, a fragmented and ramified form, woven with nodes that intersect excerpts from the text, theoretical analyses, imaginary data, sensory narratives and fragments of research. Each node is a marker in this navigation between creation and reflection. These nodes are neither fixed nor hierarchical; they follow the logic of a submerged world, where knowledge does not pile up but intertwines. They allow us to move freely between the performed lecture and the layers of its construction: its voices, its landscapes, its intuitions. Through this form, we will ask ourselves what an archive that does not freeze time might be – not a closed place of conservation, but a porous space where foam, silences and presences circulate. An archive capable of vibrating, of welcoming the ephemeral, of resonating with what insists, trembles or eludes us. Here, the archive is not just a repository of the past: it becomes a living environment, traversed by voices, gestures, intentions, and the questions that gave rise to it. This cartography reads like a journey. It recognises fiction as a legitimate space for the production of knowledge, particularly in the ecological context we are familiar with. Hence the central hypothesis: what if fiction, when embodied in a situated performance, could become a tool for investigation, memory and relationship? A way of questioning our regimes of knowledge, our attachments, our ways of inhabiting the world. This text thus unfolds as a poetic, political and epistemological reflection on the potentialities of research-creation: exploring how artistic forms can reconfigure our relationship to archives, territories and temporalities – and, in so doing, sketch out new ways of knowing and living together. mer., 24 déc. 2025 00:00:00 +0100 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=1644 Comités https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=595 Rédacteurs en chef Mariannick Guennec (14e section CNU) et Alain Kerhervé (11e section CNU) Comité de rédaction (depuis décembre 2022) Catherine Conan (11e) Christophe Cosker (9e) Sonia de Puineuf (18e) Solenne Derigond (14e) Isabelle Durand (9e) María José Fernandez (14e) Elizabeth Mullen (11e) Mohamed Saki (11e) Patricia Victorin (9e) Comité scientifique Oscar Alvarez Gila (Profesor titular de Historia de América de la Facultad de Letras – Vitoria-Gasteiz, Álava, Espagne) Régine Atzenhoffer (MCF, Université de Strasbourg) Martin Barnier (PR, Université Lyon 2) Flore Coulouma (MCF, Université Paris Nanterre) Nathalie Dupont (MCF HDR, Université du Littoral Côte d’Opale, Dunkerque) Jacqueline Dutton (Associate Professor, University of Melbourne, Australie) Maha Gad El Hak (Université du Caire, Égypte) Manuel González de Avila (Universidad de Salamanca, Espagne) Anne Goarzin (PR, Université de Rennes 2) Dominic Hardy (Montréal, UQAM, Canada) Natacha Lillo (MCF-HDR, Université Paris Diderot) Barry Monahan (University College Cork, Irlande) Severiano Rojo Hernandez (PR, Université d’Aix-Marseille) Emmanuelle Sinardet (PR, Université Paris Nanterre) Mathew Staunton (MCF, ENSAD Paris) ven., 23 mai 2025 00:00:00 +0200 https://motifs.pergola-publications.fr/index.php?id=595